dimanche 6 février 2011

le fou et la venus

Bonjour !


Quelle admirable journée ! Le vaste parc se pâme sous l’œil brûlant du soleil, comme la jeunesse sous la domination de l’Amour.
L’extase universelle des choses ne s’exprime par aucun bruit ; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien différente des fêtes humaines, c’est ici une orgie silencieuse.
On dirait qu’une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets ; que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l’azur du ciel par l’énergie de leurs couleurs, et que la chaleur, rendant visibles les parfums, les fait monter vers l’astre comme des fumées.
Cependant, dans cette jouissance universelle, j’ai aperçu un être affligé.
Aux pieds d’une colossale Vénus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le Remords ou l’Ennui les obsède, affublé d’un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sonnettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l’immortelle Déesse.
Et ses yeux disent : — « Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d’amour et d’amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l’immortelle Beauté ! Ah ! Déesse ! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire ! »
Mais l’implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.

 Le fou et la Vénus, Petits poème en prose, Baudelaire

Je suis passée sur "Le Fou et la Venus" des Petits Poèmes en Prose de Baudelaire, je peux vous transmettre quelques remarques que Mme Catifait m'a fait lors de la reprise:
-Alors tout d'abord ce poème est intéressant par sa forme en prose, Baudelaire tout en conservant un style poétique indéniable (lyrisme, abondance des métaphores et autres figures + topos poétiques) introduit des aspects qui semblent anti-poétiques (surtout la description).
-Il y a confusion entre le poète et son sujet, une ambiguïté qui augmente au fur et à mesure du poème (j'assiste à l'éclosion de ma propre pensée?)
-Poème qui tourne autour de la difficulté d'accéder à la beauté, beauté qui le nargue "se pâme" (ridicule du poète aux yeux des autres, mais sa cs de la beauté "invisible" cf. l'Albatros)
Bon c'est vraiment pas grand chose et j'ai oublié ce qu'elle m'avait dit par rapport à l'Ennui pascalien, mais peut être que (on ne sait jamais) cela vous aidera. En tout cas merci à vous pour vos khôlles!

Bonne fin de week-end!
Terah

1 commentaire:

  1. Tu as censuré mon auto-critique! haha, les LSHB n'ont pas le droit d'être dépréciatifs.

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