Bien le bonjour à tous !
En ce qui concerne le week end plein de littérature que nous commençons tous, je propose un petit quelque chose. J'ai discuté avec une khagne très rapidement hier qui nous a dit que bien que la critique était importante à lire pour avoir des lignes directrices, il fallait aussi et surtout lire, apprendre et analyser des poèmes, ce que nous a aussi dit Catifait. C'est pourquoi je propose qu'on se fasse un peu tous tourner nos colles, surtout ceux qui les ont tapés, quite à juste les lire sans vraiment s'attarder dessus, pour avoir en tête un peu tous les auteurs et leurs lignes directrices.
Du coup je commence, mais ma colle étant écrite à la main et résidant actuellement chez Swan, je vais essayer de me souvenir et de vous donner les lignes directrices, à vous d'en faire autant. Je suis passée sur Aube de Rimbaud, et ma problématique était quelque chose comme : Comment ce poème illustre à la fois la lettre du voyant, le titre du recueil (Illuminations, qui devait s'appeler Colour Plates, soit plus ou moins 'Tâches de couleurs') et la phrase de René Char "Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir" ?
En gros, le poète court après une déesse qui peut être à la fois vue comme l'Aube fugitive et la Muse poétique. Il peint à travers ce poème une image fugitive (color plates) faite d'impressions, de sensations procurées par l'aube, temps hors du temps donc temps poétique (cf temps incarné de Proust). Mais il retrace aussi le parcours d'un poète/enfant qui cours après sa Muse/déesse, habité par un désir très fort à la fois sensuel et poétique (la poésie comme vecteur de désir, une poésie 'frissonante' que le poète désire ardemment atteindre : il veut embrasser la Poésie personnifiée et cette 'embrassade' serait l'apogée de son art poétique, la fusion avec l'absolu du poète). C'est donc le parcours du poète à travers sa propre poésie, il parcourt son monde de mot. Mais le matin vient, et l'aube et l'enfant tombent au pied du bois (chute, dans les deux sens du terme). L'aube/déesse/muse a donc fuit avant que le poète puisse vraiment l'avoir saisie : "un désir demeuré désir" de la quête poétique : l'enfant/poète devra attendre encore toute la journée et toute une nuit pour avoir une nouvelle chance d'attraper sa Muse/Aube => le travail pétique doit sans cesse se renouveler, tous les jours, à travers une course poursuite, une quête épuisante, pour que le poète puisse avoir un jour une chance d'atteindre la perfection poétique voulue. La lettre du voyant stipule cette douleur du travail poétique, qui doit passer par des épreuves et par la souffrance pour pouvoir être un jour "voyant". Mais Rimbaud se fait voyant dans ce poème par la retranscription sonore et illuminée de son expérience de l'aube : il la voit et nous la fait voir.
Voilà pour moi, en gros, j'espère que vous ne ferez pas les limaces et que vous ferez tourner les votres aussi, ça prend pas très longtemps.
Bon week end à tous !
Juliette
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